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Arnaudin, Félix (1844-1921)

Biographie

Il est issu d'une famille de petits propriétaires terriens fixée à Labouheyre, dans le quartier de Monge. Sa formation au collège de Mont-de-Marsan constitue les fondements d'une érudition précieuse à son œuvre. Diplômé, de retour à Labouheyre, il ne trouve dans son milieu aucun emploi en relation avec son niveau et ses aspirations. Vivant du revenu de quelques métairies, Félix Arnaudin n’occupe durablement aucun emploi. À l’âge de trente ans, célibataire, il décide de se consacrer entièrement à sa passion : témoigner de la culture pastorale de la Haute Lande, que les changements économiques font disparaître inexorablement. Passant pour un original auprès de ses concitoyens, il est surnommé Lou Pèc (le fou, en gascon).

Porté par l'amour de son pays, il adopte dans le même temps une démarche rationnelle et scientifique pour ses recherches. Il parcourt la Haute Lande de part en part, souvent à bicyclette, pour interroger les habitants, à l'aide de questionnaires prééablis. Il met la même application et rigueur dans la réalisation de fiches d'enquêtes et de répertoires photographiques.

Il réalise en pionnier une description par la photographie de la Haute Lande et de ses aspects remarquables. Le résultat est une œuvre unique par son ampleur (2700 plaques de verre, conservées au musée d'Aquitaine de Bordeaux) et sa diversité, à travers laquelle il se révèle comme un grand opérateur artistique et un observateur rigoureux.

Il s'attache principalement à collecter l'ensemble du fond culturel de la « lande landaise » par le recueil de contes, proverbes, chants, mots de la langue gasconne, notes sur l'histoire, l'archéologie et l'écologie de ce territoire. Il réussit à publier de son vivant quelques fragments de ce travail de collecte{{,}} sous la forme de trois publications à faible tirage :

  • Contes Populaires (1887)
  • Chants Populaires (1912)
  • Choses de l’Ancienne Grande-Lande, série imprimée peu avant sa mort.

Ces recueils ne sont que la modeste concrétisation d’une entreprise titanesque dont témoignent plusieurs dizaines de milliers de feuillets manuscrits et de nombreuses photographies : paysages, bâtiments et villages anciens, scènes de la vie rurale, portraits.

Le 30 janvier 1921, quelques mois avant sa mort, il écrit :

« Dans ma pauvre vie de rêveur sauvage, toutefois anxieux de notre passé local, je n'ai guère reçu d'encouragements ; l'indifférence et les railleries, un peu de tous côtés, en ont volontiers pris la place ».
couverture du document
les fées de la dune
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