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Riboud, Marc (1923-....)

Biographie

Marc Riboud est le cinquième enfant d'une fratrie de sept. Il est élevé dans une famille bourgeoise lyonnaise (son père était diplômé de Sciences Po et son grand-père avait été l'un des fondateurs de la Lyonnaise de Banque). Il est le frère des industriels Antoine et Jean Riboud. En 1944, résistant, il participe aux combats du Vercors. Après la Libération, il étudie à l'École centrale de Lyon de 1945 à 1948.

Il commence la photographie avec l'appareil photographique Vest Pocket Kodak offert par son père. En 1937, à 14 ans, il prend ses premiers clichés à l'exposition internationale « Arts et techniques dans la vie moderne » à Paris. Il photographie aussi les châteaux de la Loire.

En 1951, alors ingénieur à Villeurbanne, il « oublie » de rentrer d’un congé pris pour photographier le festival de Lyon et s’installe alors à Paris où, grâce à son frère Jean, il rencontre Henri Cartier-Bresson puis Robert Capa, deux des créateurs de Magnum Photos. En 1953 il photographie « le Peintre de la tour Eiffel » où éclate déjà son talent et son goût de la composition de l’image. Cette photographie sera sa première publication dans Life et son ticket d’entrée à Magnum Photos. Après un premier reportage en Yougoslavie, sur les conseils de Robert Capa, il part un an en Angleterre et photographie Londres et Leeds qui se relèvent lentement de la guerre.

En 1955, il prend la route à Istanbul (avec la Land Rover de George Rodger) et traverse l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan pour atteindre l'Inde, où il reste une année avant d’obtenir son visa pour la Chine où il fait en 1957 son premier long séjour. En 1958 il termine son voyage en Extrême-Orient par un séjour au Japon qui sera avec Women of Japan le sujet de son premier livre (avec un texte de Christine Arnothy). Il reprend à nouveau la route à partir de l’Alaska en hiver 1958 jusqu’à Acapulco.

De 1960 à 1962, Marc Riboud photographie les indépendances africaines, fait plusieurs séjours en Algérie et photographie la liesse de l’indépendance en juillet 1962.

En 1965, il retourne en Chine et photographie les prémisses de la révolution culturelle et publie Les Trois Bannières de la Chine aux éditions Robert Laffont.

En 1967, présent à Washington à une manifestation contre la guerre au Vietnam, il photographie une militante qui tend une fleur aux soldats. Cette photographie, « la Jeune fille à la fleur » deviendra une icône de la paix. En 1968, il photographie les manifestations étudiantes de mai à Paris et voyage au Nord et au Sud Vietnam où il retourne en 1969, en 1972 et aussi en 1976 où il photographiera la rééducation forcée des cadres par le pouvoir communiste.

Au cours des années 1970,  il retrouve la Chine où il retournera régulièrement pour suivre son évolution et ses transformations jusqu’à son dernier séjour à Shanghai en 2010. En 1973, il couvre le procès du Watergate à Washington. Il se rend plusieurs fois à Prague pour soutenir les signataires de la Charte 77 et surtout son amie Anna Farova, historienne de la photographie. En 1979, il est à Téhéran lors de la prise d'otages de l'ambassade des Etats-Unis et pour photographier les foules en délire fêtant le retour de l'ayatollah Khomeiny.

En 1980 il se rend en Pologne pour un long reportage sur les débuts de Solidarnosc. En 1987 il photographie à Lyon le procès de Klaus Barbie. A partir de 1986, sur les conseils de son ami le peintre Zao Wou-Ki il découvre Huang Shan, fasciné par la beauté de ces montagnes qui ont inspiré les peintres chinois. Il fait aussi plusieurs séjours à Angkor, amoureux de ces temples envahis par les racines et les arbres séculaires.

Dans les années 1990, il accompagne ses expositions à travers le monde et s’attache à publier des livres. En 1998, après l’apartheid, il va en Afrique du Sud, à Johannesbourg, à Soweto et dans des villages éloignés de la capitale.

En 2008 il se rend à New York pour photographier la victoire de Barack Obama. En 2010 il fait un dernier voyage à Shanghai pour inaugurer une exposition. Depuis, sa santé fragile le contraint à rester à Paris.

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50 ans de photographie
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