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Coups de coeur Cinéma


Janvier 2014

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Avril 2014

               

 

Alabama Monroe
Felix Van Groeningen - 2013

Didier, chanteur d’un groupe de bluegrass – cette country pure et sautillante des Appalaches bordée de mélancolie – rencontre Elise, tatoueuse. Lui est athée et passionné d’Amérique. Elle est croyante mais furieusement indépendante. Ils donnent naissance à Maybelle. Quelques années plus tard, on leur annonce que leur fille est atteinte d’un cancer.

On ne doit pas trop en révéler sur ALABAMA MONROE. Mais la profondeur des situations décrites – dans tout ce qu’elles ont de tristement banal ou de joyeusement exaltant – et la force des émotions qu’elles suscitent méritent d’être découvertes par elles- mêmes, sans être déflorées a priori. Surtout que Felix Van Groeningen, effectue un travail narratif en tout point remarquable, ménageant autant l’élan romanesque de son récit que ses atours de chronique où se succèdent une multitude de saynètes reliées les unes aux autres avec grâce.

Il  se saisit du destin d’une famille pour l’étudier avec une méticulosité et une densité thématique refusant soigneusement toute raideur clinique. Notamment grâce à ses superbes interprètes, Johan Heldenbergh (auteur de la pièce) et Veerle Baetens,

ALABAMA MONROE se joue du sordide et de la tragédie pour déborder d’une soif de vivre, de communier (au sens païen du terme, même si la religion et la foi ont une place prépondérante dans le scénario), d’aimer, de partager, de se lier à l’autre. Qu’il s’agisse de la passion amoureuse aussi sensuelle qu’intellectuelle entre Elise et Didier, de l’amitié qui unit le groupe de bluegrass dont ce dernier est membre, de la relation fusionnelle entre le couple et Maybelle, chaque lien humain fait ici figure de quasi-épiphanie.

Son histoire, Van Groeningen la conte par tous les bords – dramatique, mélancolique, comique – et par tous les moyens possibles : ellipses, flash-back, scènes musicales, muettes ou hautement dialoguées, brillantes idées de montage ou de transitions… Une construction en puzzle surprenante qui fait montre d’une fluidité remarquable. Ou comment la forme sert le fond, ALABAMA MONROE relayant via cette narration heurtée le caractère profondément aléatoire de l’existence humaine, faite d’une succession d’accidents et de hasards. Un vrai petit miracle de cinéma.

Sans être une partie de plaisir, ALABAMA MONROE n’est pas plombant, n’en déplaise à son pitch de départ qui pourrait en faire fuir plus d’un. "On a trouvé un véritable équilibre entre dureté et légèreté". Bien plus qu’un équilibre, on tient là un miracle en marche qui enchante, broie, émerveille, terrasse. Et laisse le spectateur occupé à recoudre son cœur.

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